03.11.2009
Jean-René Lecerf avec Jean-Pierre Raffarin dans la fronde des sénateurs
Suite à la parution de la tribune du JDD cosignée avec 24 de mes collègues, j'ai eu l'occasion de développer mon opinion sur la réforme de la taxe professionnelle lors d'une interview du quotidien Nord Eclair parue ce jour.
Comme l'ancien Premier ministre, Jean-René Lecerf estime que le volet de la loi de finances portant sur la suppression de la taxe professionnelle ne peut être voté en l'état.
Pourquoi avez-vous décidé de cosigner la tribune de Jean-Pierre Raffarin ?
" Si on veut préserver l'autonomie fiscale des Départements et des Régions, il faut que pour une bonne part, ils puissent faire varier l'impôt. "
Qu'est-ce qui coince selon vous ?
>> Avant de penser au financement des compétences, il faudrait déjà déterminer qui fait quoi. Actuellement, on marche sur la tête en s'occupant des modes de financement avant d'avoir défini les structures. On ne sait pas encore quelles seront les compétences des Régions, des Départements... C'est un peu comme si un club de foot faisait son recrutement avant de savoir s'il joue en ligue 1 ou en championnat amateur.
Vous pointez également le risque de perte d'autonomie fiscale...
>> Effectivement, nous ne souhaitons pas que demain les collectivités territoriales n'aient plus aucune marge de manoeuvre sur l'importance de leur budget. Le problème, c'est que Bercy est actuellement dans l'incapacité de nous donner des perspectives précises sur le rendement de ce qui va remplacer la taxe professionnelle. Ce qu'on sait, c'est que les communes et intercommunalités pourront encore faire jouer les taux sur la taxation du foncier des entreprises. Mais les Départements et les Régions n'auront plus cet instrument. Or si on veut préserver l'autonomie fiscale des Départements et des Régions, il faut que pour une bonne part, ils puissent faire varier l'impôt.
Sans quoi il y a un risque de recentralisation.
Pourriez-vous aller jusqu'au clash avec le gouvernement ?
>> Nous n'en sommes pas là. Nous allons rencontrer Christine Lagarde demain matin. Si on prévoit que 2010 est une année charnière, durant laquelle l'État remplace à l'euro près le produit de la taxe professionnelle, cela nous laisse du temps pour décider d'ici à 2011 ce qui la remplacera dans les collectivités locales, une fois adoptée la réforme les concernant.
Le problème, c'est que Bercy est actuellement dans l'incapacité de nous donner des perspectives précises sur le rendement de ce qui va remplacer la taxe professionnelle.
09:40 Publié dans Réforme des collectivités territoriales | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : réforme des collectivités territoriales, taxe professionnelle, loi de finances 2010 |
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Commentaires
Vous avez tout à fait raison de soutenir ou d'initier cette démarche.
Je suis très sensible à votre parcours qui montre que tous les parlementaires ne st pas des godillots suivant notre president dans ses égarements.
Fidèle mais non aligné, vous honorez votre fonction Monsieur le Sénateur!!
Ecrit par : claudep | 10.11.2009
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